28
mai 2016

The Revenant : Iñárritu signe un chef-d’œuvre

Rédigé par GAULTHIER D'Erichot

En voyant le titre de cet article, vous vous dites peut-être : « calme-toi Gaulthier, le mot chef-d’œuvre est un peu exagéré, non ? ». Eh bien non, je trouve véritablement que ce film est magnifique et qu’il mérite le statut de chef-d’œuvre. Je pense qu’avec le temps, de plus en plus de personnes partageront cet avis, et que The Revenant se classera parmi les monuments du 7e art. J’ai tellement de choses à dire concernant ce film que je me dois de les résumer afin que cet article soit lisible. Mais si je devais brièvement évoquer mes sentiments envers ce film je dirais ceci : j’ai contemplé, j’ai frissonné, j’ai été attristé, j’ai été en colère, bref, j’ai été imprégné par ce film et son personnage principal sans jamais m’ennuyer. Pour moi ce film peut se résumer de la façon suivante : des paysages magnifiques, un acteur au top, des scènes d’action époustouflantes et déjà cultes, du silence, une histoire de vengeance comme je les aime, le tout avec une mise-en-scène à la fois académique et innovante. Rien ne manque, rien n’est en trop. Alejandro González Iñárritu nous montre une nouvelle toute l’ampleur de son talent.

Vengeance en mode survival au milieu de la nature

Dans The Revenant le personnage principal Hugh Glass, incarné par le brillantissime DiCaprio, est confronté à plusieurs ennemis de différentes natures. Laissé pour mort, il va affronter un ours, des Amérindiens, son corps blessé qui risque de s’infecter, la faim, d’autres trappeurs. Pourquoi ? Dans l’unique but de rester vivant pour retrouver l’assassin de son fils. Mais tout au long du film, son plus grand adversaire c’est la nature. Au beau milieu du Dakota, en plein hiver, le froid, les tempêtes et les autres éléments de la nature peuvent rapidement se transformer en un véritable piège.

Le film s’est inspiré de la véritable histoire de Hugh Glass, un trappeur ayant été attaqué par un grizzly et qui va réussir à parcourir seul et blessé 300 kilomètres en 6 semaines pour atteindre le fort le plus proche.

Les décors sont à la fois sublimes et froids. Seule la cime des arbres apporte un peu de verdure à cette immensité ensevelie sous la neige. Iñárritu réussit magistralement à enchainer les moments de pure contemplation bénéficiant d’une photo sublime et de cadrages posés, avec des passages plus mouvementés où la caméra et les plans nous plongent au cœur de l’action. A cela s’ajoutent une maitrise et une pureté des sons (respirations, bruits de la nature…), et une bande originale qui sait se faire silencieuse et se faire entendre quand il le faut.

Comme il aime le faire, le réalisateur nous propose plusieurs plans-séquences qui nous permettent d’être aux côtés des personnages. Certaines scènes sont culte. Je pense bien évidemment à celle de l’attaque de l’ours, mais également à la scène d’intro qui est fantastique de maîtrise, d’action et de tension. Je pourrais en citer d’autres, mais le mieux est que vous es découvriez par vous-même.

Un Oscar mérité

Le film a pu énerver du fait de sa forte médiatisation. Personnellement, je trouve que DiCaprio mérite cet Oscar, pas uniquement après ses multiples nominations sans récompense, mais parce qu’il s’est véritablement impliqué dans ce rôle. On sent que le tournage a parfois dû être difficile, mais le résultat est bluffant. Les autres acteurs du film sont également au rendez-vous et j’ai beaucoup apprécié Tom Hardy qui nous prouve une nouvelle fois qu’il peut être polyvalent en jouant un protagoniste cupide, un peu dérangé, égoïste et sans morale.

Je vous conseille de venir découvrir ce film dans les salles obscures. Vous vous ferez votre propre avis. Certains n’accrocheront pas, et d’autres adoreront.